Il est des hommes dont le nom se confond avec celui de leur nation. Charles de Gaulle est de ceux-là . Né le 22 novembre 1890 à Lille dans une famille catholique et patriote, il entre à Saint-Cyr et forge sa vision de la France dans les tranchées de la Grande Guerre, où il est blessé à trois reprises et fait prisonnier à Douaumont en 1916.
L’Appel du 18 juin 1940 : naissance d’un mythe
Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain annonce qu’il demande l’armistice. Le lendemain, depuis un studio de la BBC à Londres, un général de brigade à titre temporaire, peu connu du grand public, prend la parole. Son nom : Charles de Gaulle. Son message : la France a perdu une bataille, pas la guerre.
Cet appel, qu’à peine quelques milliers de Français entendent en direct, devient le fondement mythique de la Résistance. Il faudra des années, des combats en Afrique du Nord, en Italie, en Normandie, pour que la France Libre devienne une réalité militaire et politique. Mais la flamme, allumée ce 18 juin, ne s’éteindra plus.
La Libération et le retour de la République
Le 26 août 1944, de Gaulle descend les Champs-Élysées à la tête d’un cortège triomphal. Paris est libéré. Il entre dans Notre-Dame sous les balles des tireurs embusqués, imperturbable. Cette image dit tout de l’homme : une confiance absolue dans sa mission historique.
Président du Gouvernement provisoire, il démissionne en janvier 1946, refusant le régime parlementaire de la IVe République naissante. Il traverse alors douze années de “traversée du désert”, attendant l’heure de la France.
La Ve République, œuvre majeure
En mai 1958, la crise algérienne provoque l’effondrement de la IVe République. De Gaulle est rappelé au pouvoir. Il fait adopter par référendum la Constitution de la Ve République, qui instaure un exécutif fort autour du Président. Cette Constitution, amendée mais toujours en vigueur, structure encore aujourd’hui la vie politique française.
Président de 1959 à 1969, il dote la France de la force de frappe nucléaire, sort du commandement intégré de l’OTAN, reconnaît l’indépendance de l’Algérie (1962) et pose les bases d’une politique étrangère indépendante qui fait encore école.
Colombey-les-Deux-Églises : le sanctuaire
C’est dans ce village de Haute-Marne, au cÅ“ur de la Champagne, que de Gaulle se ressource et finalement disparaît. La Boisserie, sa maison familiale, est aujourd’hui un musée. La croix de Lorraine monumentale, inaugurée en 1972, domine le village et le paysage. Le Mémorial Charles de Gaulle, inauguré en 2008, retrace avec émotion le destin du personnage.
« La France ne peut être la France sans la grandeur. » — Charles de Gaulle
L’héritage gaullien
De Gaulle meurt le 9 novembre 1970, veille de l’anniversaire d’armistice. Il est enterré à Colombey, selon ses vÅ“ux, dans la plus stricte intimité, aux côtés de sa fille Anne. Georges Pompidou annonce à la nation : « La France est veuve. »
Son héritage est immense et disputé : indépendance nationale, politique arabe, construction européenne à la française, autorité de l’État. Des leaders de tous bords se réclament de lui, preuve que sa pensée dépasse les clivages partisans.
Sur les traces de De Gaulle
- Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne) : La Boisserie, le Mémorial, la croix de Lorraine
- Mont Valérien (Suresnes) : Mémorial de la France combattante
- Musée de l’Ordre de la Libération (Paris) : Histoire de la France Libre
- Mémorial de Caen : Contexte de la Seconde Guerre mondiale



