Vue de loin, la cité de Carcassonne ressemble à un décor de conte de fées : des tours pointues hérissées au-dessus des remparts crénelés, une forteresse surgissant de la plaine languedocienne comme un mirage médiéval. De près, l’émotion est encore plus forte. Ces pierres ont vu les Wisigoths, les Sarrasins, les Croisés et les rois de France. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, la Cité est le monument le plus visité du sud de la France.
De la préhistoire aux Romains
Le site est occupé sans interruption depuis l’âge du Fer. Les Romains y construisent une ville fortifiée dès le Ier siècle après J.-C., dont les bases de tours en opus incertum sont encore visibles dans le rempart intérieur. La Cité tire son nom de la légende de Dame Carcas, une princesse sarrasine qui aurait renvoyé les armées de Charlemagne par une ruse (un cochon nourri de blé lancé depuis les remparts pour faire croire aux assiégeants que la ville regorgeait de vivres).
Le catharisme et la croisade albigeoise
Au XIIe et XIIIe siècle, le Languedoc est le berceau du catharisme, mouvement religieux dualiste considéré comme hérétique par Rome. Carcassonne en est l’une des places fortes. En 1209, le pape Innocent III lance la croisade albigeoise contre les cathares. La ville se rend sans combat au légat du pape, Simon de Montfort, qui en prend le contrôle. La répression sera brutale dans toute la région.
Le château comtal et les remparts
Le château comtal (XIIe siècle), renforcé après 1226, est le cÅ“ur militaire de la Cité. Il abrite aujourd’hui le Musée lapidaire. Les remparts, avec leur double enceinte de 3 km de long et leurs 52 tours (dont 17 wisigothiques), sont un exemple exceptionnel d’architecture militaire médiévale. Les lices — l’espace entre les deux enceintes — permettaient aux défenseurs de prendre à revers les assaillants qui avaient franchi le premier mur.
La restauration de Viollet-le-Duc
Au XIXe siècle, la Cité est dans un état de délabrement avancé. L’architecte Eugène Viollet-le-Duc (également auteur de la restauration de Notre-Dame) entreprend à partir de 1853 un vaste chantier de restauration, controversé car il rajoute des éléments qui ne correspondent pas toujours à l’architecture médiévale originale (toits coniques en ardoise plutôt que tuiles plates). Mais sans lui, la Cité aurait disparu.
Informations pratiques
- La Cité : accès libre en journée (gratuit). Château comtal payant (9,50 €).
- Accès : depuis la ville basse, à pied (20 min) ou navette
- Feu de la Saint-Jean (14 juillet) : spectacle pyrotechnique exceptionnel depuis les remparts
- Conseil : Visitez tôt le matin ou en soirée pour éviter la foule estivale.



