Il est rare qu’un roi soit aimé du peuple de son vivant et dans la durée. Henri IV, dit le Vert-Galant, est de ceux-là . Gascon de Béarn, protestant converti, chef de guerre et roi pacificateur, il réconcilie une France saignée par quarante ans de guerres de Religion et lui redonne goût à la prospérité. Son assassinat en 1610 est vécu comme un deuil national.
Les guerres de Religion : un pays déchiré
Depuis le massacre de la Saint-Barthélemy (1572), la France est déchirée entre catholiques et protestants (huguenots). Henri de Navarre, chef du parti protestant, est l’héritier présomptif de la couronne depuis la mort des fils de Henri II. Mais Paris, farouchement catholique, lui est fermée. Sa solution : « Paris vaut bien une messe. » En 1593, il abjure le protestantisme à Saint-Denis et est sacré à Chartres en 1594, Paris ouvrant ses portes sans combat.
L’Édit de Nantes (1598) : la tolérance comme politique
L’Édit de Nantes, signé le 13 avril 1598, accorde aux protestants la liberté de culte, l’accès aux charges publiques et des places de sûreté. C’est le premier grand acte de tolérance religieuse en Europe. Il ne met pas fin aux tensions mais permet une coexistence, fragile mais réelle, pendant près d’un siècle — jusqu’à sa révocation par Louis XIV en 1685.
Reconstruire la France
Avec son ministre Sully, Henri IV s’attelle à la reconstruction économique : assainissement des finances, développement de l’agriculture (« je veux que le paysan puisse mettre la poule au pot le dimanche »), création de manufactures, creusement du canal de Briare. Paris est embellie : place Royale (actuelle place des Vosges), pont Neuf, hôpital Saint-Louis.
L’assassinat et la légende
Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné rue de la Ferronnerie à Paris par François Ravaillac, fanatique catholique. La nouvelle plonge le royaume dans la consternation. Sa popularité posthume est immense : les Français lui pardonnent ses frasques amoureuses (d’où le surnom de Vert-Galant), retiennent sa bonne humeur, son accent gascon et sa politique de paix.
Sur les traces de Henri IV
- Place des Vosges (Paris) : première grande place royale d’Europe, inaugurée en 1612
- Château de Pau (Pyrénées-Atlantiques) : château natal du roi
- Pont Neuf (Paris) : premier grand pont en pierre sans maisons, symbole de son règne
- Château de Fontainebleau : résidence favorite



